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Délit de fuite et assurance auto : quels recours en cas d’accident ?

Un délit de fuite survient lorsqu’un conducteur quitte les lieux d’un accident sans s’identifier auprès des personnes impliquées. Cette situation peut sembler désespérante pour les victimes, mais des recours existent. Que vous soyez assuré au tiers ou tous risques, différentes options s’offrent à vous pour obtenir réparation. Étudions ensemble comment réagir face à un délit de fuite et les implications pour l’assurance auto.

  • Caractéristiques légales : Quitter les lieux d’un accident sans s’identifier, infraction définie par le Code pénal et le Code de la route
  • Actions immédiates : Collecter des informations sur le véhicule, rechercher des témoins et porter plainte rapidement
  • Indemnisation : Totale avec une assurance tous risques, partielle avec une assurance au tiers via le FGAO
  • Sanctions : Jusqu’à 3 ans d’emprisonnement, 75 000€ d’amende et retrait de 6 points sur le permis

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Qu’est-ce qui caractérise un délit de fuite en droit français ?

Le délit de fuite est clairement défini par la législation française. Il s’agit du comportement d’un conducteur qui, après avoir causé ou été impliqué dans un accident, quitte les lieux sans s’être arrêté et sans avoir communiqué son identité et ses coordonnées aux autres personnes concernées. Cette infraction est encadrée par l’article 434-10 du Code pénal et l’article L231-1 du Code de la route.

Le délit de fuite s’applique à tous les types d’accidents, qu’il s’agisse d’une collision grave ou d’un simple accrochage avec un véhicule stationné. Il concerne également tous les usagers de la route : automobilistes, motocyclistes, cyclistes et même piétons. Un point important à noter : même si une personne revient sur les lieux après avoir initialement fui, elle reste juridiquement coupable de délit de fuite.

Voici les éléments constitutifs d’un délit de fuite :

  • L’implication dans un accident de la circulation
  • Le fait de quitter volontairement les lieux
  • L’absence d’identification auprès des autres personnes impliquées
  • La connaissance de l’accident par le conducteur fautif

Ce comportement est considéré comme particulièrement grave par le législateur car il empêche l’identification du responsable et complique l’indemnisation des victimes. En 2019, les délits de fuite représentaient, avec les refus d’obtempérer, près de 32% des délits routiers en France, ce qui en fait le deuxième délit le plus fréquent après la conduite en état d’ivresse.

Il est important de distinguer le délit de fuite du simple refus d’établir un constat amiable. Si une personne laisse ses coordonnées complètes mais refuse de remplir un constat, elle ne commet pas un délit de fuite au sens pénal du terme, bien que cette attitude puisse compliquer les démarches d’indemnisation.

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Comment réagir et se faire indemniser en cas de délit de fuite ?

Face à un conducteur qui prend la fuite après un accident, la victime doit agir rapidement et méthodiquement pour maximiser ses chances d’indemnisation. La première étape consiste à recueillir un maximum d’informations sur le véhicule responsable : marque, modèle, couleur, numéro d’immatriculation, même partiel. Si possible, prenez des photos ou vidéos de la scène et du véhicule en fuite.

Recherchez des témoins et notez leurs coordonnées complètes. Leur témoignage pourra s’avérer crucial, tant pour l’enquête policière que pour les démarches auprès de l’assurance. Ensuite, vous devez porter plainte auprès de la police ou de la gendarmerie pour délit de fuite. Cette étape est indispensable pour la suite de vos démarches d’indemnisation.

La procédure à suivre se déroule en plusieurs étapes :

  1. Remplir un constat amiable, même seul, en indiquant clairement le délit de fuite
  2. Déclarer le sinistre à votre assureur dans les 5 jours ouvrés suivant l’accident
  3. Joindre à cette déclaration le récépissé du dépôt de plainte
  4. Fournir des photos des dommages et tout élément permettant d’évaluer le préjudice
  5. Contacter le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO) si nécessaire

L’indemnisation dépendra largement de votre type de contrat d’assurance. Avec une assurance tous risques, vous serez indemnisé par votre assureur pour les dommages matériels et corporels, même si l’auteur du délit n’est pas identifié. Une franchise peut toutefois s’appliquer selon les termes de votre contrat.

En revanche, avec une assurance au tiers, votre assureur n’interviendra pas pour les dommages matériels de votre véhicule. Dans ce cas, vous pourrez vous tourner vers le FGAO qui peut prendre en charge les dommages corporels et, sous certaines conditions, les dommages matériels.

Type d’assuranceDommages matérielsDommages corporels
Tous risquesPris en charge par l’assureur (franchise possible)Pris en charge par l’assureur
Au tiersNon pris en charge par l’assureurPris en charge par le FGAO

Les sanctions et conséquences pour l’auteur d’un délit de fuite

Les auteurs de délits de fuite s’exposent à des sanctions particulièrement lourdes. Sur le plan pénal, les sanctions peuvent atteindre 3 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Le permis est également impacté avec un retrait automatique de 6 points et une suspension pouvant aller jusqu’à 5 ans.

Des peines complémentaires peuvent être prononcées par le tribunal, comme l’annulation du permis de conduire, l’obligation d’effectuer des travaux d’intérêt général, l’interdiction de conduire certains véhicules, ou encore la confiscation du véhicule impliqué dans l’accident.

En cas d’homicide involontaire aggravé par un délit de fuite, les sanctions sont considérablement alourdies, pouvant atteindre 10 ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende. Par ailleurs, l’auteur devra généralement verser des dommages et intérêts aux victimes.

Du côté des assurances, les conséquences sont tout aussi sévères. L’assureur peut majorer la cotisation jusqu’à 100% pendant plusieurs années et augmenter le coefficient bonus-malus jusqu’à 25%. Plus grave encore, la plupart des contrats excluent les garanties en cas de délit de fuite, ce qui signifie que l’assuré pourrait devoir rembourser à son assureur les indemnisations versées aux victimes.

L’assureur peut également résilier purement et simplement le contrat, et le conducteur sera inscrit au fichier des résiliations automobiles tenu par l’AGIRA. Cette inscription rend extrêmement difficile la souscription d’un nouveau contrat d’assurance, la majorité des assureurs refusant les conducteurs à risque ou proposant des tarifs prohibitifs.

Pour les passagers présents lors d’un délit de fuite, la situation peut également être délicate, car ils peuvent être considérés comme complices de l’acte, particulièrement s’ils ont encouragé le conducteur à fuir ou n’ont pas tenté de l’en dissuader.

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